L’A10 Airfield à Carentan, un aérodrome américain en 1944

par | 30 Avr 2020

L'A10 Airfield à Carentan en 1944

Après le débarquement, il faut développer les réseaux de transport

Une quinzaine de jours après le débarquement, les Alliés ont établi une solide tête de pont en Normandie. Ils disposent désormais du nœud routier essentiel qu’est Carentan et ont assuré la jonction entre les deux plages du secteur américain, tout en sécurisant la zone des marais. Jour après jours, les effectifs se renforcent et le matériel débarqué est toujours plus important. Les deux ports artificiels d’Omaha et Arromanches permettent de réceptionner les marchandises et équipements mais aussi d’évacuer blessés et prisonniers. Lentement, les troupes progressent dans le Cotentin, vers Cherbourg, seul port en eaux profondes de la région et objectif majeur des Américains.

Un aérodrome mis en place par les Américains en 4 jours

La route, la mer sont de grands atouts en Normandie mais ne suffisent pas. Un peu partout sur le sol Normand, les alliés installent une série de pistes d’aviation, véritables aérodromes provisoires.

Sur les communes de Catz et Saint-Pellerin, à partir du 15 juin, le 826ème bataillon de génie de l’air, dépendant de la 9ème Airforce, entame la construction d’une imposante piste d’un kilomètre et demi, large de plus de 35 mètres, sans compter une piste secondaire d’urgence, crash strip, pour recevoir les avions en difficultés, mais aussi une multitude d’aménagements aux alentours.

4 jours plus tard, le nouvel aérodrome, dénommé A10 Airfield est disponible pour les chasseurs-bombardiers P47 « Thunderbolt » appartenant au 50th Fighter Group, puis aux appareils du 367th Fighter Group, notamment des P38 « Lightning ».

Mécaniciens sur l'A10 Airfield de Carentan en 1944

Et rendu à la vie civile quelques mois après

Avec l’avancée des combats, l’aérodrome devint bien tôt moins utilisé, seuls quelques gros porteurs, chargés de la gestion de l’arrière du front l’utilisent encore. Et en novembre 1944, les terrains sont restitués à leurs propriétaires.

L’A10 Airfield aujourd’hui

Rendu à la culture fin 1944, l’aérodrome A10 Airfield laisse des traces considérables pendant bien des années, notamment pour les paysans des alentours, qui doivent reconstituer leurs parcelles, enlever tous les matériels laissés par les Américains afin de redonner une physionomie correcte aux terrains pour en reprendre l’exploitation. C’est notamment à M. André Gidon, voisin immédiat de l’actuel Normandy Victory Museum qu’incombe cette tâche délicate. Il rapporte avoir bien souvent abîmé son tracteur ou sa charrue, à cause des restes de grillages américains, encore enfouis dans le sol, des années après.

Aujourd’hui la piste est toujours officiellement active. Historiquement située devant le musée et le long de la N13, la piste de 400 mètres de long permet d’y faire décoller de petits aéronefs.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons ce très bel ouvrage de Philippe trombetta et ses co-auteurs : 50 aérodromes pour une victoire

Utiliser l’aérodrome pour de petits aéronefs

Il est possible d’utiliser l’aérodrome A10 Airfield pour y faire décoller ou atterir de petits aéronefs type ULM (ultra léger motorisé). Christophe Beaussire, l’un des fondateurs du musée est en charge de son exploitation.

Configuration de la piste : 400 mètres en herbe et 50 mètres de fin de piste en graviers.

Consignes : du fait de proximité de la RN13 et des habitations, les consignes d’utilisation sont très strictes et doivent faire l’objet d’un enregistrement.

Types de vols autorisés : activités de vols privés et/ou de loisirs et sans but commercial – Pas d’activité « école ».

Si vous souhaitez utiliser l’aérodrome privé de Catz, veuillez nous contacter via le formulaire de contact du musée. 

Découvrir d'autres lectures

Un véritable pont Bailey pour le musée

Découvrez en image, l’installation d’un véritable Pont Bailey au musée. C’était à l’automne 2019

Acquisition exceptionnelle de registres de 1944 avec photos de Utah et Omaha

Le 2 novembre 2021, le NORMANDY VICTORY MUSEUM a fait l'acquisition d'un ensemble de documents dont l’intérêt historique est tout à fait exceptionnel : il s’agit de trois ouvrages de photos littorales des secteurs d’Utah et Omaha, provenant de Grandcamp-Maisy. Ces...

Le Weasel M29, un véhicule tout terrain de la Seconde Guerre mondiale

Le Normandy Victory Museum présente dans son exposition permanente un véhicule de l’armée américaine plutôt atypique. Il s’agit du Weasel, aussi appelé M29 Weasel Tracked Cargo Carrier. Nous vous proposons de mieux connaître ce véhicule à l’allure de couteau suisse qui a trouvé sa place lors de la bataille de Normandie.

A Omaha Beach, Florent Plana rend hommage aux Bedford Boys. Les coulisses d’un tournage

Guide touristique passionné par la Seconde Guerre mondiale, Florent Plana est connu pour ses interviews de vétérans, il entretient un lien particulier avec la plage d’Omaha Beach, sur laquelle ont été tournées plusieurs scènes du film « They Won’t Die Twice »

Exposition thématique « Les femmes dans la guerre »

En 1939, quand les hommes sont mobilisés, les femmes sont sur tous les fronts. On les retrouve aux taches domestiques comme d’habitude mais aussi à la production des armes, à la mécanique, aux champs, dans les hôpitaux, dans la résistance et dans les batailles. Cette exposition leur rend hommage et met en lumière leurs actions parfois méconnues.

Un nouvel arrivant dans la scène de la « Poche de Roncey »

Entrez dans une scène du Normandy Victory Museum et découvrez un nouvel arrivant qui s’est installé avec les officiers du Fallschirmjäger-Regiment 6 en mars 2021.

La bataille des haies, un enjeu majeur des combats en Normandie

L’été 1944 est le témoin de terribles affrontements qui opposent l’armée américaine à l’armée allemande en Normandie. Pendant 11 semaines, dans le Cotentin puis le centre et le sud-Manche, l’armée américaine, menée par le général Eisenhower, livre de durs combats contre les troupes du Reich. C’est la bataille des haies.

Lee Miller, le mannequin, la femme et la guerre

Muse des plus grands artistes de son temps, Lee Miller incarne l’idéal féminin des années 1930. Pendant la guerre, elle se révèle être une reporter hors pair au moment de la libération des camps. Photographier l’ennemi semble libérateur pour cette femme meurtrie dont la vie et l’œuvre resteront intimement liés.

Sophie Scholl et la Rose blanche, un symbole féminin de la résistance allemande

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands de l’Université de Munich sont exécutés. Ils sont accusés d’actes de haute trahison et de propagande subversive pour avoir distribué à plusieurs reprises des tracts. Parmi eux, Sophie Scholl, une jeune femme d’à peine 20 ans, va devenir un symbole de résistance et de courage face à la folie meurtrière d’Hitler.

La veste PTT de René Duclos, résistant du Réseau Centurie-OCM dans les années 40, entre au musée.

Une pièce d’Histoire supplémentaire entre au musée. La vareuse de René Duclos sera exposée dans quelques semaines avec son historique. Pour que l’on n’oublie jamais le sacrifice de ces hommes, pour notre Liberté.